La conscience

Le cerveau c’est 200 milliards de neurones qui peuvent chacun réaliser plusieurs milliers de connexions avec les autres. Tout y est au superlatif, la longueur totale des « fils de connexion » des neurones est de plus de 100 000 km (530 km dans un Airbus A380). La capacité de traitement d’information de ce réseau neuronal, que chacun porte en soi, surclasse les plus gros ordinateurs actuels.
Le cerveau est vraisemblablement la structure auto-organisée la plus complexe de l’univers.

Les neurosciences modernes et l’imagerie médicale, en apportant des éclairages inattendus sur les mécanismes mis en jeu dans notre cerveau, ouvrent des pistes de réflexion pour expliquer des dysfonctionnements cognitifs qui aboutissent à des prises de décisions parfois cocasses et parfois catastrophiques.

La connaissance de quelques mécanismes neurologiques, ceux de la conscience et tout particulièrement de la conscience de soi, est nécessaire à la compréhension des illusions et des biais cognitifs qui conduisent aux décisions absurdes.

 

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ReseauNeuronal
Faisceaux de connexion – imagerie médicale du CEA/Neurospin

Le cerveau
Le cerveau est un réseau de 200 milliards de cellules, les neurones, connectés entre-eux par des milliers de synapses qui échangent des signaux. Cette activité neuronale de nature électro-chimique (circulation d’ions) traite les informations mémorisées et reçues par nos capteurs sensoriels en vue de résoudre des problèmes. L’activité neuronale est permanente, la très grande majorité des traitements se réalise automatiquement, de l’ordre du réflexe comme pour l’homéostasie (régulation des fonctions vitales).


La conscience est l’activité neuronale hiérarchiquement la plus élevée qui est déclenchée lorsque les traitements automatiques n’ont pas fourni une réponse adaptée à la résolution d’un problème. Par opposition les activités automatiques sont désignées comme inconscientes.
Une analogie : quand le pilote automatique de l’avion ne peut plus fonctionner, une alarme retentit dans le cockpit pour inviter le pilote humain à reprendre le manche en manuel.
La conscience permet de traiter des problèmes, complexes ou nouveaux, sans solution en mode automatique. 


Cerveau

Modèles mentaux
Le cerveau analyse, code et enregistre dans les réseaux de neurones du cortex cérébral la représentation d’objets réels ou abstraits en autant de modèles mentaux. Un modèle mental n’est pas mémorisé comme un bloc, mais reconstruit à chaque fois que la conscience le demande.
Pour mieux comprendre la nature d’un modèle mental, prenons un exemple : la représentation mentale de la voiture chez un adulte.
Avant de penser à une voiture, nous ne sommes pas conscient de la voiture, et pourtant quelque part dans le cerveau « elle existe ». Première constatation on ne pense pas en même temps à tout ce qui existe dans notre mémoire.
Et à l’instant où on pense à la voiture, elle apparaît mentalement mais relativement floue. Juste après si on se pose le problème de comparer sa voiture à celle de son voisin, alors 2 voitures apparaissent avec plus de précision on perçoit des propriétés associées : la marque, le modèle, et la couleur. Si après on se pose le problème du statut social qu’expriment ces deux véhicules alors les critères de prix, d’age du véhicule et le conducteur sont ajoutés mais la couleur disparaît.
La représentation mentale de la voiture change en fonction de la question posée, le modèle mental se construit et se déconstruit en fonction du problème que l’on se pose ou du contexte. Cela signifie que le modèle mental à un instant donné ne présente que les propriétés utiles, nécessaires et suffisantes. La suppression des propriétés inutiles est inconsciente, elles disparaissent sans effort.
A la demande de la conscience et pour un usage immédiat dans un espace mémoire de travail, les réseaux neuronaux assemblent dynamiquement les propriétés utiles en un modèle mental nécessaire au calcul d’une solution à un problème posé.


La catégorisation fragmentaire
Cette fonction automatique réalisée par le cerveau est une méthode de repérage de similitudes, de découpage du réel et de stockage partagé de critères communs en dépouillant chaque fragment des détails non signifiants. Enlever l’information superflue permet en quelque sorte de la compresser pour ne garder que le signal signifiant minimal. Cela donne toutes les chances de pouvoir coder un concept « fils » à partir d’un « parent » sans duplication du concept parent, une formidable optimisation de l’espace mémoire.
Ce découpage extrêmement fin du réel en catégories permet de manipuler très efficacement des concepts car ils ne sont pas « encombrés » de détails.
Un modèle mental complexe est construit par des connexions neuronales qui mettent en relation un grand nombre des fragments catégoriels.
Le mécanisme de fragmentation est inconscient et automatique, la reconstruction est aussi inconsciente et automatique mais déclenchée sur ordre de la conscience dans l’espace neuronal de travail.

Il paraît logique de penser que le plus petit fragment catégoriel soit représenté par un seul neurone. Un fragment catégoriel est aussi un assemblage de plusieurs fragments catégoriels.
Un modèle mental, assemblage de fragments catégoriels, est un fragment catégoriel signifiant. A mesure que l’on enlève des fragments catégoriels à un modèle mental, le concept qu’il représente devient plus flou mais plus apte au réemploi.
Un fragment catégoriel peut être associé à plusieurs fragments catégoriels, sans doute plusieurs milliers, si on suppose que les connexions neuronales représentent ces associations.
On peut supposer que dans de tels assemblages aussi complexes des erreurs se glissent et contaminent ensuite tous les assemblages dérivés. C’est une source majeure de biais cognitif surtout si les erreurs sont injectées dans les fragments de base dans le but malveillant de conditionner la personne.

L’ancrage caractérise le degré d’utilisation associé au fragment. Plus il est fait appel au fragment plus les liens neuronaux (synapses) se renforcent. Ce renforcement est perçu comme un degré supérieur de confiance. Le niveau d’ancrage diminue progressivement s’il n’est plus fait appel au fragment jusqu’à l’oubli total. Un souvenir auquel on ne fait plus appel va donc s’effacer, mais par exemple, la vue régulière d’une photographie maintient l’ancrage. La répétition journalière des prières imposées par certaines pratiques religieuses renforce l’ancrage .
Le fragment catégoriel bien ancré présente une très forte stabilité faute de quoi, si un seul cas exigeait sa modification alors tous les modèles mentaux qui en dépendent seraient modifiés. Donc plutôt que de modifier un fragment le cerveau réalise une nouvelle connexion vers un autre fragment, existant ou nouveau, pour apporter la nuance désirée. Quand un modèle mental nouveau hérite d’un ancien, tant que la dérivation n’est pas suffisamment ancrée il existe un risque d’instabilité pour un retour au modèle mental original.

Les avantages de la stratégie de catégorisation sont nombreux :

_1_ Economie des moyens de calcul puisque l’espace neuronal de travail ne traite que les informations justes nécessaires (économie d’énergie),
_2_ En corollaire augmentation de la vitesse de traitement,
_3_ Possibilité de créer des nouveaux modèles mentaux hybrides (créativité),
_4_ Découvrir des analogies et détecter des corrélations,
_5_ Permet de passer progressivement du général au particulier et inversement en augmentant ou diminuant le nombre des connexions neuronales à la demande,
_6_ Favorise la focalisation de l’attention pour ne pas être distrait par les détails,
_7_ Favorise la navigation dans les arborescences neuronales pour passer d’un concept à l’autre par association d’idées (créativité),
_8_ Permet de faire des opérations instantanées de suppression des invariants entre deux modèles mentaux afin d’extraire les différences, ou à l’inverse extraire les ressemblances.


Le schéma comportemental
C’est un type de modèle mental qui enregistre une suite chronologique d’actions pour traiter de manière répétitive et inconsciente des processus. Par exemple pour suivre son chemin vers son domicile. Il assure la planification des taches, il reste accessible à la conscience qui peut ponctuellement en modifier le déroulement par exemple pour prendre une déviation suite à un bouchon. Le schéma comportemental est acquis volontairement ou non. Il libère de l’espace de travail qui peut donc être utilisé pour des taches plus complexes.
Un schéma comportemental se grave en mémoire automatiquement, inconsciemment répétition après répétition.


Le Moi
Le cerveau divise le monde en deux parties, l’extérieur et l’intérieur. L’intérieur résulte de la fusion corps et cerveau, et crée un modèle mental particulier pour décrire sa partie intérieure que l’on nomme le Moi.
La conscience de soi résulte de l’activité neuronale liée aux traitements faisant intervenir le modèle mental du Moi.
Le modèle mental du Moi se construit dès la naissance selon un processus d’apprentissage automatique. La présence d’un environnement social et le langage sont nécessaires à cette construction. Vers l’age de 3 ans le modèle mental du Moi émerge, le JE entre spontanément dans le vocabulaire.
La conscience de soi est nécessaire au développement du langage spontané.
L’activité neuronale n’est pas perceptible en elle-même, aucune sensation n’émane du cerveau totalement indolore. L’activité neuronale déclenche l’émission de substances chimiques (adrénaline, acétylcholine, dopamine etc…) qui peuvent agir sur nos capteurs sensoriels. Ces molécules provoquent alors des sensations physiques  de bien-être, de douleur, de chaleur, de froid, de peur, etc… Sensations artificielles pour le monde extérieur mais bien réelles pour le corps.
La perception de la conscience de soi est intimement liée à la présence du corps comme récepteur sensoriel. Antonio Damasio défend la théorie d’un continuum cerveau et corps.


L’homéostasie
C’est l’ensemble des fonctions de régulations vitales piloté par le système nerveux de manière totalement inconsciente. 100 millions de neurones tapissent les parois intestinales pour gérer le processus digestif, c’est le système nerveux entérique. Il est relié au cerveau et pourrait significativement influencer nos prises de décisions grâce à des marqueurs somatiques spécifiques.


Les émotions et les marqueurs somatiques
La mise en évidence, par A. Damasio,  du mécanisme et du rôle des émotions dans les processus intelligents de plus haut niveau est une découverte majeure en neurosciences modernes.
Les émotions, liées à la présence du corps, sont la perception de l’excitation de neurones par des hormones libérées par des glandes stimulées par d’autres neurones. C’est un processus neurologique inconscient de type retour (feed-back) qui a pour but d’éveiller et de maintenir l’attention consciente.
Les émotions sont déclenchées lors de perceptions sensitives, visuelles par exemple, mais aussi lors de chaque reconstruction d’un modèle mental. Un modèle mental fait revivre les émotions perçues lors  de l’expérience subjective, exactement de la même façon.
Le sentiment, qui accompagne l’émotion, fournit à la conscience une explication « verbalisable ».
L’émotion qui accompagne un modèle mental lui apporte une pondération, accentuation ou atténuation, du niveau informationnel à prendre en compte pour l’action. Par exemple la vue d’un serpent provoquera un émotion d’autant plus vive qu’il se trouve proche. L’éloignement apporte une atténuation au danger associé au « modèle serpent » et aura pour conséquence d’annuler la décision de fuite. La distance est un paramètre qui est associé au modèle mental du serpent relativement au danger qu’il représente pour le pondérer.
Lors de toute activité des émotions sont ressenties, positivement ou négativement. Si l’émotion est d’un niveau suffisant alors un modèle mental du contexte de situation est enregistré dans nos souvenirs avec l’émotion associée. Ce modèle mental fait partie de notre expérience dite expérience subjective et l’émotion associée est appelée marqueur somatique. Par définition l’expérience subjective nécessite la confrontation au réel pour que le marqueur somatique atteigne un niveau significatif.
Lorsqu’on est confronté à une situation déjà vécue, le marqueur somatique permet de connaitre à l’avance le résultat pour réitérer l’action ou bien la corriger. Le marqueur somatique active en grande partie la prise de décision rapide en intervenant par exemple dans la construction de l’intuition.

De nombreuses expériences montrent sans ambiguïté que les émotions ont un rôle actif dans les processus cognitifs intelligents. Suite à des lésions cérébrales locales, des sujets, qui ont perdu leur capacité émotive, sont capables de réaliser des taches complexes apprises mais incapables de s’adapter à des changements.
Les émotions attirent l’attention de la conscience sur des exceptions : incohérences, discontinuités, originalités, etc… C’est en ce sens qu’elles seraient un moteur de l’intelligence supérieure.

La confiance est un marqueur somatique associé au modèle mental d’une personne qui donne le niveau d’incertitude dans la relation. Ce marqueur de confiance est associé à tous les types modèles mentaux. Il représente le degré de réussite, de vraisemblance, de pertinence accordé au modèle mental.


L’objet mental
L’élaboration d’une idée, d’un concept, plus généralement de tout « objet mental » associe les 4 éléments suivants :
_1_ Le modèle mental qui, par association des fragments catégoriels, donne la sémantique.
_2_ L’ancrage donne le degré de confiance qui augmente avec le nombre d’utilisations réussies et diminue à chaque échec. Il participe à la prise de décision car une confiance élevée diminue le stress dû à l’incertitude. On pourrait dire que l’ancrage est la marque de l’habitude rassurante et facilitatrice.
_3_ Le marqueur somatique donne le type et le niveau d’émotion pour déclencher l’intentionnalité et s’imposer dans la compétition face à un autre modèle mental lors d’une prise de décision. Plusieurs marqueurs somatiques peuvent être associés à un seul modèle mental, ces marqueurs vont se combiner en un seul résultant, en quelque sorte, du centre de gravité des forces.
_4_ Le schéma comportemental donne la suite des actions que le modèle mental nécessite s’il est retenu par la prise de décision. Généralement les actions sont exécutées par des automatismes inconscients. Mais au fur et à mesure du déroulement de ces actions, la conscience peut les percevoir pour les adapter à un changement de contexte.

Par exemple, le sujet décide de couper une feuille de plastique, il doit choisir le meilleur outil, il a le choix entre une paire de ciseaux, un cutter et une scie. Les 3 modèles mentaux de ces outils s’affrontent,  l’ancrage que présente les ciseaux est fort car le sujet a l’habitude de s’en servir mais la feuille de plastique est un peu épaisse, le cutter est d’action rapide mais l’ancrage est mauvais car la dernière fois le sujet s’est blessé, par contre le marqueur somatique est favorable car la découpe est droite et nette, quant à la scie elle parait vraiment pas adaptée. Le sujet décide d’employer le cutter mais en adoptant une manipulation prudente en forçant son attention. Cette décision s’est prise en une seconde et déclenche l’action avec une consigne de prudence.
Si le résultat au cutter est correct, son ancrage s’améliorera, le marqueur somatique restera inchangé et le schéma comportemental enregistrera la modification de manipulation prudente.
L’imagerie cérébrale montrerait qu’une prise de décision aussi simple, qui a demandé moins d’une seconde, a activé des groupes de neurones un peu partout dans le cerveau. Des millions de neurones ont participé à la prise de décision.

Autre exemple, il y a 30 ans j’utilisais mes incisives pour dénuder les petits fils électriques. Ce geste rapide et précis faisait l’économie de la pince et était devenu un quasi réflexe. Jusqu’au jour où mon incisive supérieure s’est cassée en deux. Du jour au lendemain je n’ai plus utilisé cette technique. Les premiers temps je repensais au geste mais me l’interdisais jusqu’à ce qu’il « sorte de ma tête ». Explication : l’ancrage très fort m’obligeait à réaliser le geste mais le marqueur somatique devenu plus fort me l’interdisait. A chaque non emploi du geste son ancrage a diminué pour disparaître totalement. Cela illustre bien la compétition entre ancrage et marqueur somatique qui renforce ou affaiblit un comportement.

La planification à long terme, par exemple celle des études supérieures longues, exige un fort ancrage et un marqueur somatique stable qui déclencheront tous les jours l’intentionnalité, qui rappelleront à la conscience la tache à exécuter. Dans ce cas l’intentionnalité est l’activité inconsciente et automatique du cerveau qui provoque l’inconfort psychique et physique (dissonance cognitive) tant que nous n’avons pas apporté de réponse à la demande d’exécution de la tache que l’on s’est imposée.
L’ancrage se renforcera automatiquement mais le marqueur somatique ne doit pas le contrer. Si le plaisir apporté par le projet est maintenu pas de problème, si le projet génère de la souffrance le marqueur somatique négatif pourra devenir prépondérant sur l’ancrage jusqu’à l’abandon du projet, par découragement.
La conscience peut mettre en oeuvre des stratégies pour atténuer la dissonance cognitive provoquée par l’intentionnalité automatique, la plus connue étant la procrastination , c’est à dire remettre au lendemain.
Le choix volontaire d’une action augmente la performance par rapport à un choix imposé. Un choix imposé, et non vraiment accepté, dispose d’un marqueur somatique négatif dont la dissonance cognitive produite alourdira les traitements neuronaux donc la performance.


Le langage
L’apprentissage du langage est automatique, dès l’enfance le dictionnaire mental s’enrichit progressivement pour atteindre 100 000 mots à l’age adulte. A chaque mot phonologiquement mémorisé une sémantique est associée et éventuellement un marqueur somatique. Le petit enfant s’amuse à prononcer des mots sans sémantique pour lui, les jurons, mais colorés d’un très fort marqueur somatique puisque ces mots provoquent de fortes réactions de l’entourage.
Un mot en tant que phonème est associé à un ou plusieurs fragments catégoriels. L’activité neuronale dans l’espace de travail exprime un contexte pour activer alors le fragment pertinent. Il suffit d’imaginer un contexte différent pour que le phonème entendu active un autre fragment et suggère alors une sémantique radicalement différente.
La langue, propre à chaque culture, induit une catégorisation particulière même s’il existe des similitudes. La langue permet de partager la sémantique de fragments catégoriels pour faciliter la compréhension de modèles cognitifs de plus haut niveau. La langue maternelle induit une forte empreinte culturelle qui colore la perception du monde. La catégorisation automatique, imposée par la langue maternelle, simplifie les concepts ce qui aboutit aux stéréotypes dont on connait les dangers sociologiques.
Lorsqu’on veut transmettre une idée, une opinion, on s’évertue à ce que le langage provoque chez l’autre la construction du modèle mental réplique exacte du sien. Cela implique de connaitre le dictionnaire mental de l’autre, son niveau de culture sur le sujet et les marqueurs somatiques associés aux fragments catégoriels mis en jeu. Lorsque ces conditions ne sont pas réunies on peut assister à un « dialogue de sourds ». Un sujet récepteur peut rejeter en totalité une idée si un marqueur somatique insupportable émerge en lui, émergence par exemple provoquée par la remise en question implicite d’une croyance bien ancrée. Dans ce cas convaincre exigera d’adopter une stratégie de contournement qui implique de bien identifier le blocage donc de connaitre intimement son interlocuteur.
La vulgarisation est une forme de langage visant à utiliser des fragments catégoriels en place pour construire rapidement une représentation mentale nouvelle. Le nouveau concept hérite de la sémantique de fragments existants, cela montre bien la puissance de la catégorisation au secours du langage. L’analogie est une des techniques utilisée en vulgarisation.
La transmission d’une expérience subjective n’est efficace que si le marqueur somatique associé est aussi transmis. Un marqueur somatique, même s’il est verbalisable, ne peut pas se mémoriser en tant que tel, cela n’a pas de sens. Quand on explique simplement sa phobie, elle ne se transmet pas. Il faut provoquer une émotion d’un niveau suffisant pour provoquer l’enregistrement d’un marqueur somatique équivalent ou bien créer une association, un lien, vers un marqueur somatique existant. Au moyen-age l’enfant « vif témoin » était battu violemment pour qu’il se souvienne toute sa vie d’un acte de propriété (il était payé pour cela), il s’agit ici de création d’un marqueur somatique. Quand Jean-pierre Coffe dit « ce jambon c’est de la merde » il associe un marqueur somatique existant de type répulsif à un produit, c’est l’exagération qui a toutes les chances de créer un lien persistant (c’est la raison pour laquelle je m’en souviens).
Le langage intérieur, se parler à soi-même par exemple pour reformuler un problème, est une méthode méta-cognitive efficace pour organiser rationnellement sa réflexion.
La conversation établit une relation intime entre cerveaux, les mécanismes de séduction n’en sont pas exclus. Les francs-maçons traditionalistes l’ont bien compris, ils ont réglementé l’interdiction des femmes aux loges masculines : « … Les femmes en sont aussi exclues, mais ce n’est qu’à cause des effets que leur mérite ne produit que trop souvent entre les meilleurs Frères« .
Le récit écrit déclenche par mot clef la construction d’un modèle mental qui représente une situation, géographique, contextuelle, etc… L’enchaînement de mots clefs bien choisis fera passer en douceur le lecteur d’une représentation à une autre juste par dérivation de la précédente. Cette propriété permet l’économie d’explications, l’écrivain déroule son récit en s’appuyant sur les paysages mentaux du lecteur. Pour que cela fonctionne bien, le récit doit être écrit en tenant bien compte de la culture cognitive des lecteurs. Il en est de même pour le langage cinématographique.
Les mots amorcent le construction automatique d’un paysage mental propre au lecteur.
Le langage écrit permet de bien développer, d’argumenter mais évite la confrontation à l’autre. Heureusement des blogs sur Internet donnent la parole et ouvrent à tous de véritables places de débat d’une grande richesse quand un modérateur est actif.


La méta-cognition
Le préfixe méta- désigne l’ensemble des informations qui concernent une chose. Par exemple en photographie des méta-données accompagnent la photographie, ce sont la date de prise de vue, les coordonnées de géolocalisation, etc…
La méta-cognition désigne l’ensemble des propriétés associées à la maîtrise de nos connaissances comme par exemple : avoir conscience de sa conscience, savoir ce que l’on sait et, en creux, savoir ce que l’on ne sait pas, apprendre à apprendre, se mettre en capacité de faire, etc…
Le cerveau possède une conscience réflexive permettant d’accéder à la méta-cognition. L’objectif étant de pouvoir apporter des corrections aux traitements des connaissances, dans certaines limites toutefois. Par exemple, être conscient de ses lacunes sur un sujet et prendre la décision de se documenter est une démarche méta-cognitive.
La méta-cognition offre de la hauteur de vue sur soi-même pour, au delà de ses opinions et de ses intuitions, toujours retrouver les exigences fondamentales essentielles qui guident sa vie. 
Un entrainement spécifique est nécessaire à la maîtrise de chaque aspect méta-cognitif. Il existe une batterie d’outils : self-control,  focalisation de l’attention et auto-motivation pour maximiser l’efficacité, introspection et méditation, etc…
Les situations exceptionnelles d’une gravité extrême génèrent un stress intense qui dégrade fortement les capacités cognitives. La simulation des ces situations apprend à les affronter sans stress, cet entrainement revient à « vacciner contre le stress ». Les pilotes d’avion sont confrontés à ces situations extrêmes sur simulateur, c’est une démarche méta-cognitive au sens où il est aussi important de connaître la manœuvre à faire que d’assurer que les pilotes seront en capacité de la faire.
La focalisation de l’attention sélectionne les informations utiles par augmentation de leur potentiel ou diminution du potentiel des inutiles et permet d’utiliser toute la puissance de calcul pour la résolution d’un problème particulier. Ce puissant mécanisme de focalisation qui permet en quelque sorte de déconnecter des réseaux neuronaux peut être, à l’extrême, un danger, c’est une source connue de biais cognitif.
La méta-cognition permet l’introspection et ainsi de devenir son propre objet d’expérience mais avec beaucoup de limitations. Bien sûr, ce n’est pas considéré comme une démarche scientifique (échantillon non représentatif et absence d’instrument de mesure étalonné). Toutefois les observations introspectives dans des domaines particuliers donnent des indications nettes sur nos mécanismes cognitifs.


L’empathie cognitive
C’est une des propriétés méta-cognitives du cerveau qui permet de modéliser le Moi de l’autre pour imaginer son opinion, son état émotionnel et le niveau de ses marqueurs somatiques. Il faut distinguer l’empathie de l’identification et de la compassion.
L’empathie peut servir aussi bien une attitude bienveillante qu’agressive. Elle permet d’anticiper le comportement de l’autre et d’adapter le sien, elle a un rôle social, c’est un précurseur des relations humaines.
Par exemple avant d’établir un dialogue l’empathie aide à trouver la meilleure formulation de langage qui, par exemple, ne sera pas le même suivant que la personne est jugée en colère ou pas.
Modéliser correctement le Moi de l’autre implique de connaitre suffisamment son patrimoine culturel et son expérience subjective.
Le mécanisme de l’empathie peut défaillir et tromper la conscience sur l’état émotionnel de l’autre de manière ponctuelle ou systématique. Les préjugés peuvent être responsables d’erreurs systématiques.
Par exemple confondre systématiquement chez l’autre une attitude juste sympathique avec un élan amoureux conduit à des malentendus et des comportements inappropriés.
L’empathie est une source potentielle de biais cognitifs.


La souffrance psychologique
Une souffrance psychologique est une émotion puissante et douloureuse de perception de la conscience de soi.
La dépression est une souffrance psychologique aiguë qui se manifeste lorsque le sujet n’arrive pas à la supprimer ou à la diminuer à un niveau acceptable. Cet état mental se verrouille sur lui-même.
Il existe ainsi des états mentaux qui se renforcent seuls ou mutuellement. Ce type de mécanisme auto-réalisateur ou auto-amplificateur pose des difficultés au sujet pour en sortir (piège) car bien souvent ces mécanismes ont une origine inconsciente.


La dissonance cognitive
La dissonance cognitive est une souffrance psychologique, à minima un inconfort diffus, qui résulte d’un conflit entre le Moi et les intentions d’action ou les actions elles-mêmes ou encore le Moi et l’image du Moi souhaitée.
Par exemple, le mensonge et la honte génèrent de la dissonance cognitive.
Le sujet en état de dissonance cognitive tentera par tous les moyens de la réduire à un niveau supportable. Il semblerait que les variables de « souffrance » et de « plaisir » soient des grandeurs signées qui peuvent s’ajouter pour se neutraliser, mécanisme de compensation. Cela permet de prendre une décision douloureuse immédiate si le plaisir espéré différé est jugé supérieur.
Par exemple le mensonge, contraire à son éducation, exige de se persuader qu’on le fait pour le bien de l’autre ou le sien. S’en persuader permet la diminution de sa dissonance cognitive.
Je généralise le concept de dissonance cognitive à la fonction de déclenchement de tâches répétitives que l’on s’est imposé volontairement ou non. Par exemple pour pouvoir penser spontanément chaque jour que l’on doit faire telle chose en ayant cette sensation généralement désagréable tant qu’elle n’est pas faite, c’est le marqueur de la persévérance. La dissonance cognitive est un marqueur somatique de rappel automatique généré par l’inconscient pour rappeler la conscience à son devoir.


Le Stress
Le stress est un processus émotif d’urgence qui prépare le sujet à une activité particulière. Le stress provoque de fortes décharges d’hormones pour augmenter les performances physiques, par des moto-neurones qui commandent les muscles, et intellectuelles sur les neurones de la mémoire de travail. Dans des conditions particulières, le stress est nécessaire et bénéfique tant qu’un seuil n’est pas dépassé en intensité ou en durée.
Le stress a haute dose aurait des effets radicalement inverses et destructeurs de neurones (effet long terme).
Il existe des techniques d’apprentissage qui permettent de réduire le stress qui apparaît dans des situations plus ou moins prévisibles.


La plasticité neuronale du cerveau
Mémoriser c’est effectuer des nouvelles connexions dans les réseaux neuronaux. Le cerveau a également la faculté d’ajouter les connexions neuronales et/ou d’en modifier l’intensité dans les réseaux destinées aux traitements de l’information. Ce qui signifie en langage informatique une capacité à se reprogrammer pour modifier ses propres algorithmes, cette propriété est nommée plasticité neuronale. Les travaux récents en neurosciences ont prouvé que les facultés de programmation et de reprogrammation ne disparaissent pas à l’age adulte.  Bien sûr ces facultés perdent en efficacité avec l’age mais sans disparaître totalement.
La capacité du cerveau à se reprogrammer tout au long de sa vie permet, par exemple, à la personnalité (le modèle mental du Moi) de ne pas être figée et acquise une fois pour toute. C’est à la fois un formidable espoir de penser que l’on puisse pouvoir changer pour le meilleur mais aussi la crainte de changer pour le pire. Rien n’étant définitivement acquis, la plasticité neuronale permet à l’homme en tant qu’individu de s’adapter très rapidement aux changements de contexte.
Quand les structures sociales ou les biotopes s’effondrent rapidement, ils n’entraînent pas la disparition de tous leurs membres. Certains auront pu s’adapter rapidement à de nouvelles conditions de vie. La plasticité neuronale est certainement la plus grande force vitale de l’espèce humaine par rapport aux espèces animales.
Cela sous réserve que l’individu ait pu apprendre des bases minimales, c’est à dire disposer des briques nécessaires et suffisantes à imaginer de nouveaux modèles mentaux pertinents qui lui permettront de faire face à une situation inconnue. Par exemple l’apprentissage des bases de survie en milieu hostile pour les militaires.


La mémoire et l’apprentissage
Le mécanisme de la conscience fait appel à 2 modèles de mémoire :
_1_ Une mémoire immédiate, siège des traitements neuronaux conscients, et
_2_ Une mémoire à long terme dans laquelle sont enregistrés nos objets mentaux.

La mémoire immédiate est associée à l’espace de travail neuronal global activé à la prise de conscience. C’est grâce à cet espace que les objets mentaux nouveaux sont créés et les anciens reconstruits. La durée de cette mémoire est de quelques secondes si elle n’est pas entretenue consciemment. La capacité de cette mémoire immédiate et volatile est limitée à 7 objets mentaux simultanés, ce qui très peu par rapport aux dizaines de millions d’objets mentaux que nous possédons. Ce n’est pas à proprement parler une mémoire mais un processeur neuronal qui possède la capacité de connecter dynamiquement et séquentiellement différentes zones du cerveau, c’est cela qui constitue les traitements conscients.

La mémoire à long terme est un ensemble de plusieurs dizaines ou centaines de millions de groupes de neurones qui codent des fragments catégoriels au moyen de liaisons entre-eux. Ces groupes ne traitent pas l’information, ils sont l’information. Ces groupes se modifient dynamiquement quand ils sont utilisés.
Tous les objets mentaux enregistrés dans la mémoire à long terme ont été créés par les traitements au sein de la mémoire immédiate, la répétition des accès à l’objet mental provoque l’enregistrement dans la mémoire à long terme. Inversement si l’objet mental n’est plus utilisé il s’efface progressivement sur plusieurs années.

Il est possible d’accéder à un même objet mental par plusieurs chemins, par exemple par une image, un son ou un un mot lu, plusieurs codages sémantiques sont associés à un même objet mental. Un objet mental possède donc des ramifications dans plusieurs processeurs neuronaux inconscients, chaque ramification est capable d’ouvrir un chemin. Il suffit qu’un seul des chemins soit ouvert pour accéder pleinement à un objet mental, c’est le phénomène appelé amorçage.

Un objet mental partage une partie de sa construction avec d’autres objets mentaux ce qui donne à la cette mémoire une propriété associative. En modifiant quelques chemins on peut sauter d’un objet mental à un autre qui partage la même racine.

L’enregistrement à long terme est lent (croissance synaptique). C’est la raison pour laquelle la performance de l’apprentissage est proportionnelle à l’effort volontaire et à la répétition. la verbalisation est nécessaire à une bonne mémorisation.

Les types de mémoire :
_1_ Explicite ou déclarative l’information stockée est verbalisable, l’accès est volontaire ou amorcé. Par exemple, la liste des courses, la suite des opérations d’une règle de trois sont stockées sous forme explicite.
_2_ Implicite l’information n’est pas accessible à la conscience son usage est automatique, par exemple mémorisation des visages et des voix  à l’usage des processeurs neuronaux de reconnaissance.
_3_ Procédurale cette mémoire est de type implicite, elle stocke les habiletés notamment motrices. C’est elle par exemple qui nous permet de conduire une voiture en pensant à autre chose.
_4_ Sensorielle cette mémoire généralement associée aux processus inconscients de traitement de nos capteurs sensoriels dure le temps du stimulus. C’est un déclencheur de prise de conscience lorsqu’un seuil est dépassé.
_5_Somatique récurrente cette mémoire nous rappelle à notre devoir, d’origine inconsciente, elle agit par le canal de la dissonance cognitive. Son effet dure tant que la dissonance cognitive n’est pas réduite au dessous d’un seuil. Cette mémoire peut être programmée et effacée par une décision volontaire.


L’apprentissage chez l’adulte
Connaitre c’est être capable de prédire juste, c’est à dire d’évaluer la probabilité que ses actions seront réussies dès la première tentative (par opposition à la méthode en boucles essais et erreurs).
Depuis une cinquantaine d’années, l’obsolescence rapide des connaissances et des technologies provoque une diminution des compétences de celui qui ne les met pas à jour tout au long de sa vie, son capital cognitif utile s’effrite, il perd en efficacité. Par exemple, l’adulte peut savoir ce qu’il veut faire mais ne plus avoir les moyens de mettre à exécution ses plans quand le contexte a radicalement changé. Cela a été particulièrement visible en informatique personnelle où les grands-parents devenaient les élèves de leurs petits enfants.
Combien de fois l’adulte a recours aux recettes qui font l’économie de l’apprentissage ! Preuve de la difficulté qu’il éprouve à choisir l’apprentissage.
L’adulte qui n’entreprend pas une démarche volontaire d’apprentissage se « paralyse intellectuellement ». J’ai souvent constaté chez l’adulte, face à une nouveauté, une impossibilité à admettre que les choses sont mieux que ce qu’il pense qu’elles devraient être. Il tente de puiser désespérément dans ses modèles mentaux, inconsciemment il n’admet pas que ses modèles mentaux ne sont plus efficaces pour représenter la nouvelle réalité et qu’en conséquence il devrait acquérir des nouveaux fragments catégoriels. Les fragments acquis même réarrangés ou recombinés ne peuvent plus construire des modèles mentaux pertinents et efficaces.
Une réelle démarche d’apprentissage s’impose à l’adulte avec toute la contrainte intellectuelle que l’on impose aux enfants. Mais l’adulte est face à une autre difficulté, celle d’oublier les fragments catégoriels inutiles qui « encombrent son esprit ». Et ce n’est pas facile de supprimer des concepts bien ancrés, il faut une volonté caractérisée par un fort marqueur somatique pour y arriver.
Quand on aborde un nouveau domaine, éloigné des ses connaissances de base, la démarche paraît longue car il faut partir de zéro sans tenter de se référer à ce que l’on croit connaître. Dans le domaine de la cognition, ma première démarche a été, au fil des lectures, l’apprentissage du vocabulaire et la compréhension de la sémantique précise des mots. Ces mots, souvent entendus auparavant, sous-tendent des concepts précis qui sont parfois éloignés de ceux que l’on avait cru comprendre. Il convient ensuite d’alterner les ouvrages qui traitent du même sujet pour tester et ancrer ses connaissances, puis faire l’exercice que je suis entrain de faire, reformuler sa vision du domaine.

Le sentiment de compétence est défini par la croyance de l’apprenant dans sa capacité à apprendre sur un sujet donné. Ce sentiment de compétence doit être positif et élevé pour entretenir une motivation durable au delà des échecs et obtenir une efficacité maximale de l’apprentissage, compréhension et mémorisation.
Chez l’adulte le sentiment de compétence est fortement modulé par le vécu de la période scolaire et l’expérience subjective professionnelle.
Lorsque la nécessité d’apprentissage s’impose à l’apprenant adulte, suite par exemple à un licenciement, il est indispensable de commencer l’apprentissage par des exercices qu’il réussira afin qu’il soit convaincu de son niveau élevé  de compétence.

Apprendre à apprendre est une démarche méta-cognitive qui consiste à savoir bâtir une stratégie d’acquisition de connaissances pour devenir un apprenant autonome. Savoir se définir un but à atteindre, savoir organiser une démarche pédagogique , savoir évaluer sa progression et savoir en retirer de la satisfaction pour entretenir sa motivation.


Les niveaux de conscience
La conscience disparaît pendant le sommeil, le coma, l’anesthésie générale et… définitivement à la mort. Elle diminue en intensité pendant certaines phases passives, et augmente quand l’attention ou la concentration est exigée par la nature du problème à résoudre, par exemple la perception d’un danger.
La conscience de soi disparaît pendant certaines phases conscientes, par exemple pendant un calcul, l’écriture d’un programme informatique, en règle générale pendant les phases qui demandent beaucoup d’attention, de concentration dans un contexte habituellement bien maîtrisé.
Alors que le modèle mental du Moi évolue tout au long de la vie, la conscience de soi est perçue invariante. Cela indique que ces changements particuliers sont, par défaut, masqués alors qu’ils peuvent être flagrants au regard des autres. Cela s’applique aussi à tous les modèles mentaux acquis qui peuvent ne plus correspondre à la réalité. Cela indique aussi que la conscience peut perdre en qualité si les modèles mentaux ne sont pas mis à jour.
Le sommeil présente des phases avec une activité neuronale importante et fondamentale dans la consolidation de l’apprentissage.


L’inconscient
La majorité des traitements du cerveau est réalisée par des modules (processeurs neuronaux) de manière inconsciente. Ces modules effectuent des traitements comme par exemple la reconnaissance vocale, de forme, de couleur, analyse d’image, etc… Ces modules travaillent en parallèle, ils fusionnent les perceptions captées par nos senseurs et coopèrent pour construire un modèle mental stable et cohérent en utilisant des méthodes statistiques. C’est sous cette forme de modèle mental cohérent que la réalité extérieure est présentée à notre conscience.
Cela signifie que les traitements inconscients codent la réalité à partir de fragments catégoriels qui constituent notre patrimoine culturel. Donc la perception de la réalité est totalement subjective. Le modèle mental présenté est à priori indépendant de notre volonté consciente.
Heureusement une voie descendante (top-down) ou de feed-back de la conscience vers les modules inconscients de plus bas niveaux permet d’influer sur le codage en modifiant en quelque sorte la valeur des filtres inconscients.

Dans l’image ci-dessous l’inconscient seul est incapable de trouver Charlie tant l’information est dense. Nous devons donc balayer consciemment l’image en donnant aux modules de plus bas niveau la consigne de rechercher un pull avec un motif rayé blanc et rouge. Quand un tel motif est perçu alors la conscience demande une reconnaissance de visage pour confirmer ou continuer la recherche. Cet exemple simple illustre bien le principe de pilotage conscient en feed-back des modules inconscients de bas niveau.

OuEstCharlie

Je voudrais montrer que la réalité présentée à notre conscience par les modules inconscients de bas niveau n’apporte pas d’informations très originales puisque les modèles mentaux construits ne le sont qu’avec des fragments catégoriels que nous possédons déjà.
Notre enrichissement intellectuel, c’est à dire la création de nouveaux fragments catégoriels pour construire des modèles mentaux réellement nouveaux ou plus pertinents n’est possible que si nous faisons intervenir une réflexion consciente avec une volonté d’apprentissage. Dans le cas contraire nous ne faisons que répéter des comportements acquis à la manière d’un robot.

L’espace de travail neuronal global

EspaceTravailNeuronalGlobal
Espace de travail neuronal global ( S. Dehaene 1998)

L’espace de travail neuronal global est une théorie de B. Baars de 1988 reprise et précisée par S. Dehaene en 1998. L’imagerie semble la confirmer, lors de la prise de conscience on voit un embrasement synchrone quasi général du cortex. Certains neurones possèdent de longs axones qui traversent le cerveau permettant d’interconnecter tous les modules (les processeurs neuronaux).
Cet espace du cerveau, le cortex, est le siège des modèles mentaux par interconnexions dynamiques de neurones.
Il faut bien comprendre que les pensées qui se construisent là ne sont pas réalisées par déplacement d’informations mais par des connexions volatiles. Il ne faut pas imaginer la construction d’un édifice mental par déplacement de briques mais uniquement par liaisons de briques qui sont laissées là où elles sont, en quelque sorte le cortex dessine une carte. Ainsi l’édifice mental peut être modifié rapidement en rompant des liaisons avec certaines briques et en aiguillant vers des nouvelles jugées plus pertinentes. De multiples cartes sont testées séquentiellement jusqu’à trouver celle qui représente le mieux la solution au problème.
C’est exactement ce que ne fait pas un ordinateur qui passe une grande partie de son temps à recopier des informations dans son unité centrale de calcul puis à transférer le résultat ailleurs.
Cet espace de travail est de taille relativement réduite, ce qui limite la complexité d’un modèle mental et le nombre de modèles mentaux, même simples, simultanément présents. C’est la raison pour laquelle les problèmes complexes sont découpés, fragmentés pour « contenir » dans l’espace de travail. Les fragments du problème y sont traités séquentiellement jusqu’à la résolution complète du problème.

Buts de la prise de conscience

_1_ Maintenir l’idée (l’objet mental) pour la triturer, en dégager la « substantifique moelle », profiter de l’émotion qu’elle procure,
_2_ Passer en mode calcul itératif pour traiter des problèmes complexes non adaptés aux traitements parallèles,
_3_ Contrôle en feed-back des modules inconscients de traitements parallèles (processeurs neuronaux), par exemple la focalisation de l’attention qui bloque les stimuli indésirables dans une certaine limite toutefois,
_4_ Mettre en oeuvre les processus d’apprentissage,
_5_ Pouvoir verbaliser pour communiquer et partager ses modèles mentaux, par exemple pour les mettre à l’épreuve et poser la question : qu’est-ce tu en penses ?
_6_Déclencher des moyens méta-cognitifs :

_1_ Définir des stratégies et bâtir des tactiques,
_2_ Recherche volontaire d’amorçages par exemple le rappel de mémoires enfouies à la vue d’une photographie,
_3_ Intégrer des outils cognitifs externes dans ses modèles mentaux pour traiter des problèmes complexes. Par exemple des graphes, des check-lists, des images, des photographies qui apportent une capacité de traitement supérieure à l’espace de travail neuronal global

Passage au conscient
La prise de conscience est à la frontière entre inconscient et conscient.
3 niveaux : subliminal, préconscient et conscient
Processus de prise de conscience est retardé d’environ 300 ms et lent
Activité endogène permanente dans l’état d’éveil
Notion de seuil
Le marqueur somatique dominant impose des marqueurs plus puissants pour espérer être pris en compte.
Notion de blocage des constructions inconscientes moins prégnantes
Notion de focalisation

La prise de décision consciente
La notion de « prise de décision consciente » n’est pas un pléonasme, les réflexes sont des prises de décision inconscientes. Quand on retire le doigt d’une surface brûlante, nous avons conscience de la douleur après l’ordre du mouvement, ordre dicté par un processus automatique inconscient.
Une fois la barrière de la conscience franchie, les traitements se déroulent en 2 phases :
_1_ Création des modèles mentaux prédictifs potentiellement utiles à la résolution du problème avec évaluation de leurs marqueurs somatiques et schémas comportementaux,
_2_ Sélection du meilleur schéma comportemental par « mise en compétition » des marqueurs somatiques.
L’espace de travail ne permet pas à la conscience de traiter une grande quantité de modèles mentaux, maximum autour de sept. Sinon la conscience doit découper le problème ou utiliser des outils méthodologiques comme le raisonnement séquentiel.

Les problèmes complexes
Si le problème est complexe, mal posé, sans solution satisfaisante, ou dans un contexte incertain, le cerveau a deux voies de résolutions :
_1_ Le bricolage cognitif, il fait ce qu’il peut avec ce qu’il a, généralement il se fie à l’intuition ou à sa mémoire avec une solution approchante,
_2_ Le recours à la métacognition qui permet à la conscience supérieure de réfléchir sur les méthodes ou outils à utiliser. Des méthodes bien connues comme faire appel à quelqu’un qui sait, prendre sa calculatrice, reformuler le problème, etc….
La prise de décision entre ces 2 voies dépend essentiellement de l’urgence perçue, de l’état de stress, de l’ancrage des habitudes et du niveau de confiance ou de précision recherchée dans la solution.
Chacun comprend que la recherche scientifique ait recours à la 2ème voie.

Le cerveau dispose de trois sources d’informations :
_1_ Passées : origine interne dans la mémoire,
_2_
Présentes : origine externe via les capteurs sensoriels,
_3_ Futures : origine interne créées par l’imagination.
La relecture consciente en mémoire permet de recréer, avec plus ou moins de fidélité, des modèles mentaux qui représentent les souvenirs, donc le passé. Les modèles mentaux les mieux ancrés se présentent à la conscience en priorité.
Les capteurs sensoriels permettent de construire l’état présent qui représente le contexte de la situation.
La conscience est capable de créer, imaginer, des modèles mentaux combinés : passé + marqueurs somatiques + présent, pour inférer des situations correspondant à des états futurs avec leurs marqueurs somatiques.
L’abduction fait partie des outils de prédiction probabiliste astucieux. Par exemple, à partir de 2 prémisses exacts : Paul aime la plongée et Paul est parti en Grèce, l’abduction consiste à prédire : Paul est allé faire de la plongée en Grèce. Cela peut s’avérer faux si Paul a été envoyé par son entreprise pour traiter un problème urgent, ce que l’on ne sait pas. L’abduction permet de prédire en fonction des informations que l’on détient. Cet outil puissant est à l’origine de biais cogntifs.
Les marqueurs somatiques associés aux modèles mentaux évoquent l’expérience subjective pour prévenir afin de ne pas recommencer les mêmes erreurs. Les marqueurs somatiques sont des modulateurs qui atténuent ou renforcent l’influence d’un modèle mental en compétition. Les marqueurs somatiques jouent un rôle majeur dans les prises de décision au point de pouvoir se transformer en biais cognitifs.
Les modèles mentaux du futur sont soumis à la critique du modèle mental du Soi, pour prendre une décision. C’est la boucle de simulation, des modèles mentaux du futur sont corrélés au résultat souhaité pour décider de la meilleure action pour résoudre le problème. La boucle de simulation dure tant qu’aucune solution satisfaisante n’est trouvée. Elle peut s’arrêter à la première solution trouvée ou bien explorer plusieurs possibilités et sélectionner la moins mauvaise, etc…
Milou_tentationPendant la boucle de simulation les réseaux de neurones, hébergeant les modèles mentaux du futur, sont mis en concurrence, pour établir celui qui offre la meilleure chance de résultat, dont « la force » est maximale. Cette mise en concurrence résulte de traitements massivement parallèles permis par des réseaux neuronaux massivement interconnectés. Par concurrence on entend aussi bien collaboration pour se renforcer mutuellement qu’opposition pour s’atténuer .
De cette mise en concurrence ressortira obligatoirement une prise de décision car un modèle mental pourra s’user et abdiquer face à un autre. Cette usure pouvant résulter de la baisse de motivation suite à un manque d’énergie disponible dans une aire du cerveau (baisse du taux de glucose nécessaire aux mitochondries) .
Un modèle mental peut, par son niveau émotionnel associé très élevé, « éblouir » les autres et remporter le challenge.
La conscience est un prédicteur basé sur la simulation de situations futures soumises à la critique et à l’arbitrage du Moi afin de trouver la meilleure action.
La conscience est située au sommet de la hiérarchie des traitement neuronaux inconscients, cela implique logiquement que son fonctionnement est dépendant d’eux. Cela est clairement mis en évidence expérimentalement par imagerie. Des activités inconscientes précédent nettement de quelques centaines de millisecondes à plusieurs secondes l’activité consciente. Cette phase de réveil, phase préparatoire, a pour but de présenter les informations juste nécessaires à la conscience pour éviter de la saturer, libre ensuite à la conscience de rappeler d’autres informations qu’elle juge nécessaire.

L’intuition est une solution prête à l’emploi construite sur ordre des marqueurs somatiques pendant cette phase de réveil de l’inconscient et proposée à la conscience qui serait libre de l’utiliser ou pas. Un fort marqueur somatique associé à l’intuition peut priver le sujet d’une réflexion rationnelle utile, c’est une source connue de biais cognitif.


Intelligence et créativité
L’intelligence se caractérise comme un degré de performance dans la capacité à résoudre rapidement des problèmes nouveaux ou certains types de problèmes nouveaux. L’intelligence exige une performance méta-cognitive pour savoir se mettre en capacité d’exploiter ses ressources.
L’intelligence est aussi la capacité à détecter les incongruences fines, par exemple des signaux faibles, dans des situations parfaitement connues et à priori maîtrisées. Cette détection d’incongruence fine est une aptitude émotive qui alerte lors du réveil de la conscience pour dire qu’une réponse intuitive n’est pas appropriée et qu’un traitement neuronal particulier d’ordre méta-cognitif doit être recherché.

Neil Armstrong à 39 ans est le premier à poser un module lunaire. Il a appris à piloter manuellement cet engin pas très stable, lors d’un entrainement il avait dû s’éjecter. Il a été choisi car il avait apporté la preuve de son extraordinaire capacité à maîtriser ses émotions, à prendre les bonnes décisions pour effectuer une tache complexe en milieu hostile. Il faut être attentif aux émotions nécessaires au comportement intelligent sans être envahi par celles qui génèrent du stress.

La créativité résulte d’une activité consciente volontaire, elle est différente de l’intuition qui résulte d’un processus inconscient induit par un marqueur somatique.
L’émergence de la créativité nécessite plusieurs conditions :

_1_ La mise sous contrainte de l’intentionnalité dirigée vers un but précis dans un domaine particulier (focalisation de l’attention sur l’objectif),
_2_ Une culture importante dans le domaine concerné, posséder des fragments catégoriels solides sur le sujet,
_3_ Une réserve importante de modèles mentaux dans d’autres domaines qui n’ont rien à voir avec le sujet,
_4_ Une contexte émotif propice pour réserver les capacités cognitives aux traitements utiles (absence de distractions).

Le cerveau est capable d’imaginer des modèles mentaux originaux résultant de la combinaison de multiples fragments, et simultanément de les comparer à des modèles mentaux existants pour trouver des analogies notamment en détectant des cohérences. Le niveau d’analogie du nouveau modèle mental est présenté à la conscience sous forme d’un marqueur somatique, lorsque le marqueur somatique est très élevé le sujet perçoit la sensation de plaisir d’avoir fait une découverte, c’est le fameux « EUREKA » libérateur des tensions. Les nouveaux modèles mentaux héritent de la structure d’un modèle mental existant en hybridant des fragments catégoriels d’un autre domaine.
Cette capacité de recombinaisons d’idées (des fragments catégoriels) nommée imagination n’est efficace qu’en synergie avec la capacité à détecter les analogies.
Toutes les analogies ne sont pas « vraies », elles doivent ensuite être filtrées par des tests pour ne conserver que les pertinentes. Le nouveau modèle mental retenu va ensuite être progressivement déconnecté du modèle parent pour acquérir sa valeur propre, par exemple en une théorie. Le modèle initial découvert par analogie sera conservé pour la vulgarisation de la théorie.

Les créations, techniques ou artistiques ne naissent jamais ex nihilo.
Cela montre l’importance de l’apprentissage qui doit enrichir la mémoire d’une grande diversité de concepts précurseurs d’une imagination féconde.
Pierre Gilles de Gènes, prix Nobel de physique en 1991, écrivait que la recherche scientifique exigeait de solides bases de connaissances générales universitaires suivies de 3 années de lecture de toutes les publications scientifiques dans le domaine de recherche visé pour juste prétendre émettre des idées pertinentes et novatrices.
Contrairement aux idées reçues, le génie créateur demande beaucoup d’obstination et de travail, mais cela fait moins rêver…


Le fantasme
C’est un modèle mental de situation imaginaire ancrée dans le présent dont le but est de ressentir des émotions identiques à une situation réelle. Le fantasme qui est pourtant une simulation provoque des sensations bien réelles.
Le modèle mental fantasmatique est basé sur des variantes de situations connues ou vues, donc mémorisées. La fantasme permet d’échapper à la réalité en simulant des actes impossibles ou interdits. C’est un outil puissant de réduction de la dissonance cognitive.
En généralisant, cela démontre la propriété des réseaux neuronaux à présenter à la conscience des modèles mentaux du passé avec le réalisme nécessaire pour produire des sensations
. Cette propriété montre bien que les émotions et la conscience sont intimement liées.
L’émotion est perçue dans le présent. Cela implique que l’émotion générée par un modèle mental peut disparaître par exemple si les goûts ont changé (plasticité neuronale). Mais il reste toujours un accès à l’historique, à la demande de la conscience, qui permet de se dire « autrefois j’aimais cette musique mais plus maintenant ».


Le sens de l’humour
Un enfant de 2 ans rit spontanément aux situations cocasses sans qu’apparemment il y ait eu besoin de lui apprendre. Le sens de l’humour serait-il inné ?
Les sciences neurologiques ne se sont pas beaucoup intéressées aux mécanismes cognitifs  du rire.


La santé mentale
Depuis une dizaine d’années, la santé mentale devient une affaire de santé publique à l’échelle mondiale.
L’OMS a défini la santé mentale : « La santé mentale n’est pas simplement l’absence de troubles mentaux. Elle se définit comme un état de bien-être dans lequel chaque personne réalise son potentiel, fait face aux difficultés normales de la vie, travaille avec succès de manière productive et peut apporter sa contribution à la communauté« .
Le Ministère des Affaires sociale, de la Santé et des Droits des femmes indique que les troubles mentaux affectent une part importante de la population : « En 2005, une enquête internationale (ESEMED-EPREMED) a estimé à plus d’un tiers de la population française les personnes ayant souffert d’au moins un trouble mental au cours de leur vie et à une sur cinq celles qui en avaient souffert dans l’année en cours, les troubles anxieux étant les plus fréquents (12 à 13 % des personnes interrogées) suivis par les troubles de l’humeur (8 à 11%)« .
Il ne semble pas étonnant que les systèmes de régulation (feed-back) aussi complexes présents dans le cerveau puissent, dans des circonstances particulières, présenter des dysfonctionnements passagers nommés troubles mentaux par notre Ministère. Ce ne sont pas des pathologies quand le « retour à la normale » est relativement rapide, spontané (sans médication) et qu’aucune lésion n’est provoquée.
La définition donnée par l’OMS de la santé mentale apporte la notion de « bien être » reprise en creux par l’UE et notre Ministère avec la notion de « mal être » ou de souffrance psychologique.
Deux questions se posent, qu’elle est l’origine des ces souffrances psychologiques ? Et ne sont-elles pas des précurseurs de troubles mentaux ?
Un sujet « sain » identifie ses pulsions et décide de ne pas y succomber, il possède du libre-arbitre, mais ce libre-arbitre a un prix, la dissonance cognitive. En règle générale, la souffrance psychologique fait partie des mécanismes que le cerveau met en oeuvre pour effectuer des corrections. Comme souvent « c’est la quantité qui fait le poison« , cette souffrance peut prendre des proportions telles qu’elle empêche les autres mécanismes de s’exprimer.
Nous sommes habités par nos constructions mentales, fruits de nos apprentissages, notamment idéologiques. Des modèles mentaux perturbateurs bien ancrés associés à des marqueurs somatiques puissants et à des schémas comportementaux illicites ou morbides présentent un risque majeur de troubles du comportement. Le sujet peut être alors victime de lui-même s’il ne sait pas « chasser les démons » qui l’habitent avec des méthodes méta-cognitives.

Dans ce cadre, il ne me semble pas déraisonnable de penser que chacun de nous puisse être un « porteur sain » d’une pathologie mentale. Une pathologie latente pouvant se déclarer à l’occasion de stimuli puissants dans un environnement particulier et provoquer des comportements nihilistes. Trouble mental qui en se déclarant s’installera en pathologie ou disparaîtra.
Par exemple, l’incarcération et les fréquentations associées peuvent créer de telles « fragilités mentales » propices à l’ancrage de comportements violents.

Je pense qu’il est dangereux de ne pas enseigner dès le plus jeune age l’usage d’outils méta-cognitifs adaptés avant d’aborder l’apprentissage de concepts idéologiques, comme par exemple l’enseignement d’une religion.


Chaque caractéristique du cerveau est à la fois un avantage et un inconvénient.  A coup sûr un avantage puisque la sélection darwinienne les a laissé se développer sous cette forme. Mais dans des contextes particuliers, ces caractéristiques sont un véritable handicap. Cela est abordé en détail dans les articles suivants.


 

Résumé
Le cerveau est un système dynamique complexe en perpétuelle reconfiguration tout au long de la vie, c’est un organisme. La plasticité neuronale et l’épigenèse offrent à l’espèce humaine une grande capacité d’adaptation rapide donc un fort potentiel de survie.
Le cerveau construit des modèles mentaux à partir de fragments catégoriels pour se représenter le monde extérieur.
Le sujet se perçoit dans un modèle mental à part, le Moi ou conscience de soi du fait que le cerveau, le corps et les interactions sociales forment un continuum.
Toute activité consciente modifie des réseaux neuronaux, si l’activité est répétitive elle s’enregistre dans des schémas comportementaux selon un processus d’ancrage.
Des traitements neuronaux automatiques et inconscients sont activés par des stimulus extérieurs avant que la conscience les perçoivent. Nous ne percevons qu’une toute petite partie de l’activité de notre cerveau.
L’activité consciente génère des sensations physiques de plaisir (récompense) et/ou de douleur (punition) nommés marqueurs somatiques qui arbitrent les prises de décisions. Ils jouent le rôle de déclencheur de perceptions conscientes essentiels dans les processus cognitifs intelligents. Les marqueurs somatiques créent de la dissonance cognitive qui nous rappelle à notre devoir.
L‘expérience subjective règle nos marqueurs somatiques.
Les principaux modes de raisonnement naturel sont l’abduction et l’analogie.
Les propriétés réflexives de la conscience donne accès à la métacognition qui nous permet d’avoir des capacités d’introspection et aussi d’empathie cognitive pour créer en SOI le MOI de l’autre.
Le caractère indéterministe, de nature « chaotique », de la résolution des problèmes indique une forte diversité cognitive au même titre que la bio-diversité. Cela augmente globalement les chances d’adaptation des humains aux changements de biotope.
Tous les cerveaux disposent du même patrimoine génétique. La différence des comportements et des opinions, face à une même situation, s’explique principalement par le  patrimoine culturel acquis tout au long de la vie.
Toutes ces propriétés mentales d’une grande efficacité présentent en creux des biais, nommés biais cognitifs, le talon d’Achille du cerveau.
L’intelligence humaine supérieure émergerait de la capacité émotionnelle, de l’expérience subjective et du langage au sein de 200 milliards de neurones qui travaillent à la fois en collaboration et en compétition.
Le développement de l’Intelligence Artificielle mimétique et fidèle n’est pas pour demain… 

Bibliographie et références
Livre 2015 Alain Lieury Psychologie cognitive ISBN : 978-2-10-072502-1
Livre 2014 collectif Le cerveau et la pensée… ISBN : 978-2361060466
Livre 2014 Stanislas Dehaene Le Code de la conscience ISBN : 978-2738131058
Livre 2010 collectif  Psychologie cognitive et bases… puf ISBN : 978-2130565857
Article
2012 Jacques Lehouelleur  Conscience et neurosciences
Article 2011 Jacques Lehouelleur  Sciences cognitives & neurosciences
Article 2014 Comprendre le cerveau et son fonctionnement
Vidéo 2015 Stanislas Dehaene Le code de la conscience
Vidéo 2010 Physiologie du système nerveux : Neurone – partie 1
Vidéo 2010 Physiologie du système nerveux : Neurone – partie 2
Vidéo 2011 Antonio Damasio : Le désir de comprendre la conscience
Article 2012 Les fondements neurologiques de la conscience … selon A. Damasio
Article 2001 Serge Laroche Les mécanismes de la mémoire
Article 2011 Jacques Lehouelleur  Apprentissage et mémoire
Article 2010 Jean Heutte Dix constats clés de la recherche cognitive sur l’apprentissage
Dossier 1997 François Ruph Le sentiment de compétence et l’apprentissage chez l’adulte
Dossier 2014 Le CERVEAU exploré CEA clefs n°62
Dossier 2008 J.-P. Baquiast et C. Jacquemin : La conscience  vue par les neurosciences
Vidéo 2012 Pierre-Marie Lledo : La plasticité cérébrale…
Article Wikipedia ZCD Zone de convergence-divergence
Article Wikipedia Ethique(Spinoza)
Dossier 2007 La théorie de la dissonance cognitive
Dossier 2014 collectif La version radicale de la théorie de la dissonance cognitive
Article 2009 Le cerveau et la conscience : vers une nouvelle approche globale
Dossier 2007 J.-P. Baquiast  Compléments… « Pour un principe matérialiste fort »
A
rticle 2005 Jean Zin L’émergence de la conscience

Une réflexion au sujet de « La conscience »

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