La cognition

Depuis toujours et dans beaucoup de domaines différents, j’ai remarqué que la prise de décision d’une personne « à qui tout réussissait jusque là » pouvait la conduire à la catastrophe alors que l’absurdité de la décision paraissait évidente.
Si l’absurdité était évidente après pourquoi ne l’était-elle pas pour la personne avant ?
En 2005, la lecture du livre Les décisions absurdes de Christian Morel  m’a apporté des explications qui ont radicalement changé mon point de vue.
Ce livre m’a conduit à m’intéresser aux neurosciences cognitives pour mieux comprendre les mécanismes cognitifs sous-jacents à même d’expliquer les illusions et biais cognitifs qui provoquent les prises de décisions absurdes.
Les actes terroristes sembleraient être le fait de personnes intelligentes et rationnelles, donc pas de sujets malades mentaux au sens commun. Même si leur cerveau est biologiquement sain, il est difficile de ne pas penser qu’ils sont le siège de troubles mentaux graves, la question qui se pose :
Peut-on être « malade de ce que l’on sait » comme prisonniers de croyances dogmatiques qui nous priveraient du bonheur d’exister ?

Continuer la lecture de La cognition

La conscience

Le cerveau c’est 200 milliards de neurones qui peuvent chacun réaliser plusieurs milliers de connexions avec les autres. Tout y est au superlatif, la longueur totale des « fils de connexion » des neurones est de plus de 100 000 km (530 km dans un Airbus A380). La capacité de traitement d’information de ce réseau neuronal, que chacun porte en soi, surclasse les plus gros ordinateurs actuels.
Le cerveau est vraisemblablement la structure auto-organisée la plus complexe de l’univers.

Les neurosciences modernes et l’imagerie médicale, en apportant des éclairages inattendus sur les mécanismes mis en jeu dans notre cerveau, ouvrent des pistes de réflexion pour expliquer des dysfonctionnements cognitifs qui aboutissent à des prises de décisions parfois cocasses et parfois catastrophiques.

La connaissance de quelques mécanismes neurologiques, ceux de la conscience et tout particulièrement de la conscience de soi, est nécessaire à la compréhension des illusions et des biais cognitifs qui conduisent aux décisions absurdes.

Continuer la lecture de La conscience

Philosophie cognitive

Il est difficile de ne pas aborder la cognition sous l’aspect philosophique puisque pendant plus de 2000 ans aucun outil, autre que l’introspection, ne permettait  d’explorer les mécanismes mentaux.
A partir des années 1990, les neurosciences modernes ont mis en évidence l’extraordinaire complexité du matériel biologique du cerveau (200 milliards de neurones) et du corps (à la surface de l’intestin il y a 100 millions de neurones reliés au cerveau). Cela dit les neurosciences ne répondent pas à toutes nos interrogations, bien au contraire puisque le mécanisme neuronal global reste totalement mystérieux.
Avant cette période il semblait difficile à une approche purement matérialiste d’expliquer les performances cognitives humaines, notamment en ce qui concerne la conscience réflexive et celle de soi, sans avoir recours à la méta-physique, par exemple à l’âme.
Maintenant on peut se débarrasser de l’âme sans perdre son humanité, bien au contraire. Notre meilleure connaissance de nous-mêmes ne nous prive pas de nos capacités transcendantales, de nos meilleurs élans altruistes et de rêver d’un monde toujours meilleur pour nos enfants.
A quoi nous sert la conscience ?
Comment ce matérialisme peut garantir notre libre-arbitre  ?
La conscience comme objet d’étude scientifique, est-ce raisonnable ?
La mécanique quantique dans le cerveau, fausse piste ?

Continuer la lecture de Philosophie cognitive

Les illusions cognitives

Tout le monde a déjà fait des expériences d’illusions d’optique. Mais les illusions ne se limitent pas aux effets visuels.
Le cerveau est aussi le siège d’illusions cognitives sur des sujets abstraits. Les modèles mentaux présentés à la conscience peuvent nous tromper soit sur la réalité du monde qu’ils sont censés modéliser soit sur la finalité que nous espérons des décisions que nous prenons en fonction d’eux.
Nous ne parlons pas de cerveaux défaillants, sièges de pathologies, mais de cerveaux parfaitement sains.

Cet article sur les illusions cognitives ne concerne que des sujets sains qui ne souffrent d’aucune pathologie mentale. 

Quels sont les conséquences de ces illusions cognitives ? Les conséquences vont de la prise de décision absurde qui passe inaperçue jusqu’à l’acte génocidaire collectif (Shoah).
Si nous prenons pour hypothèse qu’un cerveau déclaré sain puisse succomber à des illusions aux conséquences très graves, il conviendrait de comprendre quels mécanismes cognitifs sont mis en jeu. La connaissance de ces mécanismes d’illusions  cognitives permettrait de se « vacciner » contre leurs effets.
Nous allons d’abord bien comprendre pourquoi on peut parler d’illusions cognitives et pas simplement d’erreurs de parcours ou de folie passagère qui conduisent à l’adoption de pensées et de comportements extrêmes.
Le cerveau oblige le sujet, humain comme animal, à protéger son intégrité physique et celle de ses proches. Alors comment des croyances dogmatiques peuvent altérer ces réflexes naturels au point qu’un cerveau sain puisse présenter l’équivalent de troubles mentaux graves ?

Peut-on « être malade de ce que l’on sait » ?

Continuer la lecture de Les illusions cognitives